Born to run : à lire absolument !

Bonjour les athlètes, j’espère que vous allez bien et que vous progressez vers votre objectif !

Je suis tombée par hasard sur ce livre :

Le titre et le sous-titre ont éveillé ma curiosité : Born to run, le livre culte de la course à pied avec en plus une préface de M. Kilian Jornet…j’ai tout de suite eu envie de le lire. J’aime les livres qui me font découvrir de nouveaux univers, qui incitent à la réflexion, qui motivent et qui nous offrent la possibilité de voir le monde différemment. J’ai eu un peu de mal à accrocher sur les 1e chapitres mais après ça n’a été que du bonheur^^. Si j’en fais un article aujourd’hui, c’est pour partager avec vous mon ressenti sur cette pépite et surtout vous partager les 3 enseignements que j’ai appris grâce à ce livre.

 

Tout d’abord, commençons par un (petit long) résumé

Ce livre est l’histoire vraie  de Christopher McDougall, un journaliste spécialisé dans les sports extrêmes et correspondant de guerre. Arrivé à la quarantaine, il décide de quitter le basket pour devenir marathonien. Seul petit problème, depuis qu’il s’est lancé dans la course à pied, il a toujours une douleur ou une blessure quelque part. Après de nombreuses consultations chez des spécialistes pour répondre à la question qui le taraude “Pourquoi mon pied me fait-il mal ?”, il finit par commencer à croire ce que tout le monde lui dit : “votre problème, c’est la course à pied”.

Pendant l’hiver 2003 alors qu’il était au Mexique pour rédiger un article pour le New York Times Magazine, il tombe par hasard sur la photo d’un homme qui court en jupe à toute vitesse dans la montagne caillouteuse. D’abord blasé par la légende qu’il décrit comme “une niaiserie façon mythe de l’Atlantide sur une civilisation éteinte d’êtres surpuissants” il est finalement intrigué et commence à faire des recherches sur une tribu Mexicaine : les Tarahumaras.

Ce peuple très discret vit dans les Copper Canyons au Mexique au milieu des montagnes abruptes dans des grottes reculées et si bien  dissimulées dans la nature que seules quelques personnes ont réussi à les approcher.

“Selon l’historien mexicain, Francisco Almada, un champion Tarahumaras aurait parcouru 700km d’une traite” (vous avez bien lu 700km, il n’y a pas un zéro de trop 🙂 ).

De leur vrai nom Raramuri (peuple qui court), ils ne sont sujets ni au cancer, “ni au diabète, ni à la dépression, ni même au vieillissement puisque des quinquagénaires étaient plus rapides que des adolescents, dont les arrières-grands-parents couraient encore des marathons dans la montagne à 80 ans”. Et comme si ça ne suffisait pas, ils courent en sandales de cuir, sans boisson de l’effort ni gel énergétique. L’affûtage d’avant course est inexistant et leur alimentation est complètement différente des recommandations (en plus ils boivent leur bière de maïs). Toutes ces informations contradictoires ont piqué la curiosité de Christopher McDougall qui, pour le magazine Runner’s world s’est lancé à la recherche des Tarahumaras.

“Bientôt, j’allais me trouver face à un meurtre, à une guérilla des narcotrafiquants et à un manchot coiffé d’un pot de fromage frais. J’allais tomber sur une garde forestière – une blonde superbe – qui avait trouvé sa voie en galopant nue dans les bois de l’Idaho, sur une surfeuse à couettes courant vers sa propre mort dans le désert. Un jeune coureur de talent allait perdre la vie et deux autres devaient s’en tirer de justesse. Plus tard, je croiserais Batman aux pieds nus, le Naturiste, des Bochimans du Kalahari, un amputé des ongles, des adeptes de l’ultrafond et des orgies, l’homme sauvage des Blue Ridge Mountains et, au bout du monde, la tribu ancestrale des Tarahumaras et leur insaisissable disciple Caballo blanco.”

 

 

1.Une alimentation à côté de la plaque? Vraiment ?

Quand on regarde d’un peu plus près l’alimentation des Tarahumaras, on se rend compte qu’elle est loin d’être déséquilibrée. Leurs ingrédients de base sont assez simples, haricots pinto (entre le haricot blanc et le haricot rouge), courgettes, piments, herbes sauvages, des graines de chia et du pinole (une sorte de galette à base de maïs et de graines de chia). Les haricots couplés au maïs (c’est une variété ancienne qui est différente de celle qu’on trouve en France) et les graines de chia fournissent l’ensemble des acides aminés nécessaire à la fabrication des protéines. Les glucides sont apportés par les haricots et le maïs. Ces ingrédients végétaux assurent les apports en vitamines et minéraux. En ce qui concerne la bière de maïs, l’auteur dit qu’en fait elle est très peu fermentée donc peu alcoolisée et que le maïs utilisé par les Tarahumaras est une variété ancienne qui produit une bière qui se rapproche plus d’un smoothie complet que de notre bière.

Selon le Dr Robert Weinberg, découvreur du premier gène anti tumoral (anti-cancer), le miracle Tarahumaras en ce qui concerne l’absence de cancer dans leur tribu, n’est pas si mystérieux, “changez de mode de vie et vous réduisez votre risque de cancers de 60 à 70%”. L’activité physique est importante dans la prévention des maladies mais l’alimentation joue aussi un rôle essentiel.  Selon le Dr Weinberg, notre alimentation doit être basée sur les fruits et les légumes pas sur la viande rouge et les produits raffinés. Il précise que les cancers du côlon, de la prostate et du sein étaient quasiment inconnus au Japon avant que les Japonais ne se mettent au régime américain. Autrement dit “mangez comme un pauvre et vous ne verrez votre médecin que sur le parcours de golf”.

 

En ce qui me concerne, ça fait déjà bien longtemps que mon alimentation est basée sur des fruits et légumes frais, de saison, très très peu de produits transformés et encore moins de sucres raffinés . Je continue cependant à manger des produits animaux (viande, poisson, oeuf et fromage) car j’aime ça mais sans en manger tous les jours. Par contre, au quotidien je mange des graines et des oléagineux. Là où j’ai encore du chemin à parcourir c’est pour ajouter des herbes aromatiques fraîches et des épices dans mes plats (car ce n’est pas encore un réflexe). De même en ce qui concerne les légumineuses, je me dis souvent que je pourrais en manger plus souvent.  

Et vous, où en êtes-vous dans votre alimentation ?

 

2. Et si on réapprenait à courir ?

“Tout le monde pense savoir comment courir, mais c’est aussi complexe que toute autre activité”

selon Eric Orton (qui a coaché Christopher McDougall pour se préparer à une course de 80 km dans les canyons avec les Tarahumaras). Personnellement, je n’y avais jamais vraiment réfléchi. Mes sorties sorties running et celles de mon copain ne nous ont jamais causé de “vraie blessure” nécessitant un arrêt et comme beaucoup de gens, tant que le problème ne se pose pas, on ne cherche pas à approfondir le sujet. Mais en réalité, le sujet de l’apprentissage de la course à pied mérite qu’on s’y intéresse. Plusieurs éléments sont soulevés par l’auteur.

  • Plus les chaussures sont équipées de dispositifs sensés nous protéger (amorti, contrôle de pronation…) et plus il y aurait une augmentation du risque de blessures (fractures de fatigue, aponévrose plantaire, tendinite du fascia lata…). D’après les recherches menées par Christopher McDougall, l’augmentation de l’épaisseur des semelles et les technologies pour protéger nos pieds nous inciteraient à courir d’une façon inadaptée en empêchant le travail naturel du pied. Par exemple, on a tendance à avoir une foulée sur l’arrière du pied (puisqu’on ressent beaucoup moins les impacts). Ces changements vont solliciter des tissus (os, tendons, muscles notamment) qui ne sont pas fait pour tolérer de telles sollicitations engendrant des blessures à plus ou moins long terme. Ceci explique pourquoi certains coureurs reviennent à des chaussures minimalistes (voir pas de chaussures du tout).

Sans en arriver à cet extrême, ça vaut le coup de tester des chaussures avec un drop plus faible et d’augmenter le temps passé pieds nus pour renforcer vos pieds. Par curiosité, j’ai testé de courir pieds nus pour voir si vraiment je courais différemment… et bien oui, je ne fais pas exception à la règle, je cours vraiment sur l’avant du pied lorsque je n’ai pas de chaussures alors qu’avec les chaussures de running, j’ai tendance à être sur les talons. Eric Orton préconise aussi de travailler sur le renforcement musculaire (bondissement, pompes, sauts à pieds joints, travail d’équilibre…) afin de prévenir les blessures. Ainsi dans son plan d’entraînement Christopher McDougall s’astreignait à 30 min de renfo chaque jour. Du coup, j’ai pris la décision de m’intéresser au sujet de la foulée pour prévenir des blessures (je vous partagerai mes trouvailles). Dans un premier temps et avant de modifier ma foulée sans rien n’y connaître,  je fais maintenant 2 à 3 séances de renforcement musculaire par semaine pieds nus afin de ressolliciter les membres inférieurs d’une façon plus naturelle.

Et vous, qu’est ce que vous pensez du lien entre blessure et épaisseur des semelles ?

 

  • Ken Mierke, kiné et champion du monde de triathlon, a également partagé ses connaissances sur l’entraînement de la course à pied. Il a longuement étudié la façon qu’on les kényans de courir afin de comprendre d’où ils tirent leurs incroyables performances et au bout de plusieurs heures de visionnage, il a eu une révélation

les meilleurs marathoniens mondiaux courent comme des élèves de maternelle”.

Autrement dit, une fréquence de pas très rapide qui oblige à avoir des foulées raccourcies ! Après cette découverte et l’établissement d’un programme d’entraînement basé sur ces observations, Ken a transmis sa méthode à plusieurs centaines d’athlètes dont des champions américains. Donc pour tous ceux qui n’ont pas encore travailler leur technique de course, apprendre à courir peut encore vous permettre d’améliorer vos chronos !

 

 

3. Courir pour vivre

Cette découverte a été la plus surprenante pour moi. En 2004, plusieurs chercheurs ont mis en évidence une piste pour expliquer pourquoi nos ancêtres se sont redressés pour devenir bipèdes en nous donnant notre anatomie actuelle et notre capacité à courir sur de longues distances. Ces chercheurs ont identifié que nos ancêtres ont développé des attributs qui sont spécifiques aux animaux qui se déplacent en courant tels que par exemple le tendon d’Achille (qui agit tel un ressort lors de la course) et le ligament nuchal (situé à la base de la tête et qui permet de maintenir la tête stable pendant la course à l’inverse des cochons qui n’en ont pas). De plus, contrairement aux animaux dotés d’un pelage, nous évacuons une très grande partie de l’excédent de chaleur corporelle grâce à la transpiration cutanée. Les animaux velus évacuent leur chaleur principalement par la bouche ce qui les rend beaucoup plus exposés à l’obligation de s’immobiliser à l’ombre en cas de température corporelle excessive (sans quoi la température excessive pourrait causer leur mort). Et donc, vous allez me dire, à l’épode des hommes des cavernes, où est l’intérêt de courir si on ne peut pas courir assez vite pour attraper du gibier ou tout autre animal à se mettre sous la dent ? Et bien c’est là que c’est le plus impressionnant ! Selon ces chercheurs, notre force n’est pas de courir vite mais de courir longtemps ce qui nous aurait permis de pratiquer la chasse à l’épuisement ! Le principe est simple : courir après sa proie en l’isolant du troupeau jusqu’à qu’elle tombe d’épuisement. Et figurez-vous que les chercheurs ont même retrouvé l’existence de cette technique ancestrale dans une tribu d’Afrique, chez les Bochimans, qui ont permis de valider le réalisme de cette méthode de chasse exceptionnelle. Les ancêtres de l’homme moderne auraient donc appris à courir longtemps pour leur survie alimentaire. Ils ne savaient jamais dans quelle distance ils s’engageaient, semi, marathon ou ultra et c’est ce qui fait de nous aujourd’hui une espèce née pour courir.

 

La lecture de ce livre m’a vraiment fait prendre conscience que la course à pied (et les grandes distances) n’est pas réservée à une poignée de personnes. Que les douleurs et les blessures ne sont pas forcément liées à des fragilités individuelles mais parfois (souvent) à des facteurs externes tels que notre foulée ou notre matériel. Il renforce ma conviction que l’alimentation à un impact énorme sur notre santé et notre capacité à donner le meilleur de nous même. Bref, ça me donne envie d’approfondir le sujet de l’apprentissage de la course et de me lancer dans des distances plus importantes…comme on dit, y’a plus qu’à 😉 .

 

Dites moi dans les commentaires si cet article vous a donné envie de lire Born to run. Si vous avez déjà lu le livre, qu’en avez-vous pensé ?

Et pour ceux qui voudraient savoir ce qu’en pensent d’autres lecteurs, voici 88 avis sur ce livre.

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1 réponse

  1. Berny dit :

    Encore un article très intéressé. Merci Elodie !

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