Jean-Pascal, mordu de trail, partage son expérience

Bonjour les athlètes, j’espère que vous allez bien et que vous progressez vers votre objectif !

Dans le cadre de l’évènement inter-blogueur sur le thème “le déclic qui m’a fait changer pour une alimentation plus saine”, je suis allée à la rencontre de Jean-Pascal Bouillon, en pleine préparation du trail 95km du Marathon du Mont Blanc et auteur du blog Positive Nation, afin qu’il partage avec nous son expérience sur le changement d’alimentation.

Dès vendredi, retrouvez un article spécial :

« 8 blogueurs partagent le déclic qui les a fait changer pour une alimentation plus saine ».

Peux-tu nous parler de ton parcours et en particulier de ton parcours sportif ?

Jusqu’à mes 43 ans, je n’ai quasiment pas fait de sport. J’en ai fait un peu quand j’étais jeune, puis j’ai arrêté quand j’ai commencé mes études vers 18 – 19 ans et je n’ai plus fait de sport pendant environ 25 ans. A 43 ans, j’ai simplement fait le constat que j’avais pris du poids, 19 kg de plus qu’aujourd’hui, et je me rendais bien compte que ça n’allait pas aller. Il fallait que je fasse quelque chose. Je me demandais quel sport je pourrais faire, rien ne m’intéressait, sauf courir. Je me suis dit qu’aller courir c’était facile, que j’avais juste besoin d’une paire de baskets et que je pouvais faire ça quand je voulais alors j’ai essayé. J’ai simplement téléchargé un programme sur un blog pour commencer à courir.

Quel a été le déclic pour le changement d’alimentation ?

J’ai commencé à courir en juillet 2013 pendant mes vacances. La première fois j’ai couru 200m. Il fallait courir 30s d’affilée et je n’y suis pas arrivé. Ensuite, je suis rentré tout doucement dans le programme et je me suis vite rendu compte que mon poids posait un problème. Je me suis dit que comme je commençais à faire un peu de sport ce serait bien aussi de faire un peu attention à mon alimentation.

Le déclic ça a été qu’en commençant à faire du sport et à me sentir mieux dans mon corps, j’avais envie de manger mieux. Comme je mangeais mieux, je me sentais plus agile, je perdais du poids et je me sentais mieux car c’était plus facile. C’est cette spirale positive qui s’active et c’est aussi pour ça que mon blog porte ce nom.

Comment as-tu fait pour changer d’alimentation ?

J’ai commencé par regarder ce que je mangeais. J’adore le sucré, et je mangeais beaucoup de graisses. Je buvais aussi pas mal d’alcool, en gros, tout ce qu’il ne faut pas faire. J’ai fait le constat qu’en 20 ans, j’avais pris 1kg par an sans m’en rendre compte, ce qui représente 80g par mois. Je n’étais pas gros. Personne ne me disait que j’étais gros mais quand je regarde les photos d’il y a 5 ans, je vois bien que j’étais bedonnant.

Au départ, il y a une notion d’effort. Un jour, j’ai du mettre mes baskets et cracher mes poumons. Et puis au bout d’un moment ça devient agréable. J’ai vu des effets positifs, j’ai perdu du poids et j’ai continué à faire attention à mon alimentation. Puis rapidement j’ai perdu 7-8 kg et c’est là que je me suis dit que j’étais sur la bonne piste et que j’allais y arriver. Ce que j’avais fait jusqu’à présent c’était des régimes privatifs. Le dernier en date, j’avais perdu 8 kg mais c’était un combat alors que là ça se fait tout seul. Tu commences à changer et une spirale positive s’installe : je mange mieux donc je me sens mieux et je me sens mieux donc j’ai envie de manger mieux.

Ce qui est génial c’est que ce n’est pas privatif. Je ne l’ai pas vécu comme un régime. Pour moi les régimes ça ne marche pas et pourtant dans le passé j’en ai tenté plusieurs.

Comment as-tu fais pour savoir par quoi commencer et comment changer ?

C’était assez facile car j’étais dans l’excès. Je voyais bien qu’en analysant mon alimentation, je mangeais trop de sucre, trop gras et trop d’alcool. Donc au départ c’était le bon sens et j’ai perdu mes 10 premiers kilos comme ça. Plus tard, j’ai commencé à m’intéresser au sujet et à me documenter.

Est-ce qu’à certains moments, tu as ressenti des frustrations ?

Une des clés selon moi, c’est que ce n’était pas de la privation mais de la modération. Aujourd’hui, j’ai un régime alimentaire assez strict mais en général le dimanche je me fais plaisir et parfois aussi le samedi soir. Par exemple, le dimanche quand je fais un gâteau pour mon fils j’en profite pour me faire plaisir et j’en mange sans culpabiliser. Le lundi je repars sur mon mode alimentaire habituel.

Lorsque j’ai préparé ma première grosse course en montagne, j’ai travaillé avec un diététicien afin de diminuer ma masse graisseuse sur 2-3 mois mais j’étais déjà très avancé dans ma démarche sur l’alimentation. J’étais prêt à faire des sacrifices comme ne pas manger de sucre pour atteindre mon objectif. A ce moment- là j’étais en progression maximale sur la partie sportive.

La 2e clé de la réussite de la perte de poids et d’une alimentation saine, c’est la progressivité. Ca ne sert à rien de se dire “demain matin, j’arrête le sucre, les graisses, de boire et je ne mange que de la salade, je deviens végétarien et je vais courir 6 fois par semaine”. Je pense que ce n’est pas possible de faire tout ça en une fois. Quand j’ai commencé à changer d’alimentation et que j’ai vu que ça me faisait du bien, je me suis demandé dis que je pouvais aussi réduire l’alcool. Ensuite, ça se voyait sur la balance et j’ai senti que je progressais en sport et ainsi de suite. Cette spirale positive c’est le modèle sur lequel je me base.

Je pense que la progressivité est un modèle qui motive très fort car il amène des résultats tout en faisant un effort modéré qu’on peut doser soi-même.

Est-ce que tu as aussi modifié la nature des aliments que tu manges, par exemple en passant de produits industriels à des produits bruts ?

Oui, c’est venu dans un second temps. J’ai commencé à m’y intéresser depuis 2-3 ans environ. Je me suis abonné à des blogs, des pages Facebook, j’ai commencé à lire énormément sur le sujet car je n’y connaissais vraiment rien. J’ai découvert l’intérêt des produits complets et le problème posé par les produits raffinés. C’est comme ça que j’ai découvert qu’il y a du sucre dans le pain par exemple. Du coup, on a revu nos habitudes alimentaires familiales pour se tourner vers du bio, du local, des produits bruts. Aujourd’hui je suis quasiment végétarien. On a donc réinvesti notre cuisine pour faire par nous-même. On fait des choses hyper simples. Par exemple, mon fils ne va pas à l’école avec des gâteaux industriels. Tous les week end, je prends 1h pour lui faire un gâteau maison pour la semaine.

Est-ce que selon toi, le fait que toute la famille s’engage dans ce changement constitue une des clés du succès ?

Oui, ma femme était très ouverte à ce changement. On cuisine d’une manière assez simple mais très saine. Si l’un des deux doit avoir un régime alimentaire différent de l’autre, ça devient tout de suite plus compliqué.

On avait juste un problème avec notre entourage qui croyait qu’on faisait un régime mais maintenant ça va mieux. Du coup, quand on reçoit des invités, on essaie aussi de faire attention et de garder notre alimentation. On part du principe que pour donner envie, il faut inspirer les autres, il faut le faire.

Qu’est- ce que ce mode d’alimentation t’apporte en tant que sportif ?

Il y a la partie intellectuelle et la partie physique. En tant qu’être humain, on a un capital qui nous est donné, c’est notre corps. Je trouve que la société d’aujourd’hui a tendance à vouloir maltraiter ce corps. Finalement, on nous fait ingurgiter beaucoup de choses qui sont nocives ou mauvaises. J’essaie de soigner mon corps au mieux et je suis super heureux de me dire que j’ai réussi à changer mon alimentation structurellement sans faire régime. J’ai adapté mon alimentation pour un retour à quelque chose de plus sain et naturel, c’est un plaisir d’aller acheter mes produits dans les magasins du coin.

Du point de vue sportif, c’est un plaisir de me dire que je peux trouver l’énergie dans ce que je mange sans avoir besoin de me gaver de graisses ou de sucres. J’arrive à faire des entraînements intensifs avec un mode d’alimentation sain. C’ est complémentaire à ma pratique de la course dans la nature.

Quel conseil peux-tu donner aux lecteurs de cet article qui ont envie de rentrer dans une démarche positive pour avoir une alimentation plus saine ?

Si on a l’envie de reprendre sa santé en main, de perdre du poids, de se mettre à bouger un peu, pour moi la clé, c’est d’y aller progressivement. J’utilise une méthode assez simple pour me motiver, c’est “la pompe de la motivation”. Si on attend la motivation pour faire quelque chose, alors on ne sera jamais motivé pour passer à l’action. Il faut faire un premier effort qui lui, va donner des résultats assez vite et qui va te motiver pour en faire un 2e. Si tu ne fais pas le premier pas, tu n’atteindras jamais le palier suivant. Et la clé, elle est là ! Moi je l’ai fait en allant courir mes premiers 200m. Si on a envie de se prendre en main, il faut faire ce 1e pas mais en y allant tout doucement. Ca ne sert à rien de se dire dans 2 mois, je vais courir 20 km alors que j’ai 15 kg de trop. Il vaut mieux se dire je vais courir 1 km ou 2 et voir comment je me sens au bout des 2 mois plutôt que de se fixer un objectif démesuré. Une fois que la machine est démarrée, elle a un potentiel énorme. Ca a un impact positif sur soi et sur la manière de voir les choses. Ce changement me permet d’être beaucoup plus positif et d’aller de l’avant.

Partagez votre expérience et dites- moi dans les commentaires, quel a été VOTRE déclic pour adopter une alimentation plus saine.

Pour suivre Jean-Pascal, rendez-vous sur son blog Positive Nation.

Photo de Jean-Pascal Bouillon

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