Manger (mieux) pour courir : 4 enseignements tirés de “Eat & run” de Scott Jurek, ultra-marathonien

Vous courez pour perdre du poids, pour décrocher des médailles, pour vous faire plaisir ou pour séduire ? Peu importe la raison qui nous anime, je pense qu’il y a une chose universelle chez l’être humain, c’est notre volonté à toujours vouloir plus (ou mieux). On veut toujours se sentir mieux dans son corps, relever des défis plus ambitieux... Dans la catégorie “plus grande distance”, Scott Jurek, ultra-marathonien de fou, est plutôt très bien classé. Avec “Eat & run“, on plonge en immersion dans son univers où il partage sa vie et ce qu’il mange pour courir plus loin et plus longtemps.

Scott Jurek, qui est cet extra terrestre ?

Scott Jurek est un athlète de haut niveau spécialiste des longues distances en course à pied (pour son palmarès suivez ce lien). Quand la plupart d’entre nous vise comme objectif ultime le marathon, lui, il enchaîne années après années des courses de plus de 150 km ! Il a grandi aux Etat-Unis dans une famille modeste. En parallèle d’études de kiné, il entre petit à petit dans le monde de la course à pied longue distance. A la recherche de moyens pour améliorer ses performances, il se documente pour manger mieux. Il réalise de nombreux tests au sujet de son alimentation. Il entreprend alors une véritable révolution alimentaire en passant d’une alimentation américaine classique faite de 4 fast food par semaine à une alimentation uniquement végétale.

Dans ce livre il partage sa vie, ses courses et le cheminement jusqu’à une alimentation plus saine qu’il pousse jusqu’au végétalisme.

Alors plongeons dans l’univers de la très grande distance pour en piocher des clés afin de manger pour courir mieux et plus !

Pilier n°1 : reprenez les rênes de votre alimentation

Oh merveille de l’industrialisation !

Quelle facilité quand on rentre après une énorme journée, de simplement ouvrir une barquette ou une boite, de la placer quelques minutes au four ou au micro-onde et de manger. Pas besoin de réfléchir quoi cuisiner, pas besoin d’extirper la casserole ou le robot coincé dans ce placard surchargé. Pas besoin de penser. Oh merveille de l’industrialisation ! Notre cerveau peut enfin faire un break.

Ding ! La sonnerie du four ou du micro onde nous informe qu’on peut passer à table. On mange. On mange même si le plat qu’on a devant les yeux ressemble plus à de la pâté pour chien qu’à la photo si appétissante qui figure sur l’emballage. On mange même si le goût n’est pas au rendez-vous. Ça remplit nos estomacs mais est-ce que cette chose nourrit vraiment notre corps ?

Ravage de la malbouffe

Manger mieux pour courir : ses 3 déclics

1e déclic du “manger mieux pour courir”. C’était lors d’un stage de ski de fond alors qu’il était ado. Là-bas il mange des plats végétariens, toutes sortes de salades, du pain complet. Evidemment, cette découverte alimentaire est un changement radical du steak-patate qu’il connait.

“Je n’avais pas le choix alors je mangeais tout et c’était tellement bon que je n’en revenais pas. Ma forme était encore plus incroyable”.

2e déclic “manger mieux pour courir”. Lors de ses études de kiné, il fait la rencontre d’un vieil homme fatigué et exaspéré par ses difficultés à marcher. En voyant le regard de dégoût et d’indifférence du vieil homme sur le repas qu’on vient de lui apporter, Scott Jurek prend conscience de la nourriture qui est servie aux malades. Des aliments industriels, beaucoup de viande et peu de légumes. Le tout est tellement cuit pour assurer la sécurité sanitaire que les aliments sont vidés de leurs propriétés nutritives et gustatives… Ça ne vous rappelle pas les plats préparés du commerce ?

“Plus je mangeais sainement et plus je courais vite. Si manger équilibré permet de courir plus vite, une mauvaise alimentation peut-elle rendre malade ?”

3e déclic “manger mieux pour courir”. C’est la lecture d’un livre rédigé par un médecin sur l’alimentation qui finit de le convaincre de réduire massivement les produits industriels, les sucres raffinés, la viande. Ce qui m’amène au 2e pilier.

Pilier n°2 : végétalisez !

Manger plus intelligemment pour courir mieux

“L’été suivant à ma troisième participation, j’ai remporté la Minnesota Voyageur (80km) en mangeant plus de légumes et moins de viande, mais sans faire plus d’efforts. […] Je ne pouvais pas donner plus, mais j’avais appris quelque chose de très important. […] Je pouvais manger plus intelligemment.”

Au fur et à mesure des courses, il augmente massivement sa consommation de végétaux : fruits, légumes frais ou séchés mais aussi céréales complètes ou germées, oléagineux, légumineuses, quinoa, soja…

Plateau de fruits frais. Idéal pour une alimentation riche en micronutriments. Manger mieux pour courir.

Cette richesse végétale présente des atouts indéniables pour le sportif d’endurance :

  • apport en vitamines et minéraux de haute qualité et en quantité ce qui est indispensable pour assurer le volume d’entraînement en restant performant et sans casse. Ces micronutriments permettent aussi de réduire fortement l’inflammation, le risque de crampes et de tendinites.
  • des glucides quasi exclusivement à IG bas ce qui est excellent pour éviter les hypoglycémies, limiter le stockage sous forme de graisses et fournir un carburant facilement utilisable aux muscles.
  • apporter un bon équilibre entre oméga 3 et oméga 6. En consommant des huiles végétales et des végétaux riches en graisses (oléagineux par exemple), on équilibre la balance en oméga 3. Ainsi on peut améliorer l’utilisation des graisses à l’effort et on favorise une lutte contre l’inflammation causée par l’endurance.

Et les protéines alors ? C’est aussi la question que Scott Jurek s’est posée au départ. Comment avoir une dose de protéines suffisante pour un athlète qui réalise des ultra marathons sans consommer de viande ?

Et bien, en associant céréales et légumineuses au cours de la même journée, en consommant du soja, du quinoa et des oléagineux, il cumule un apport tout à fait suffisant en protéines. Il ajoute aussi parfois des protéines végétales en poudre si besoin.

Le déclic qui le mène au végétalisme

4e déclic “manger mieux pour courir”. Il découvre l’impact de l’élevage intensif sur l’environnement et sur notre santé en lisant le livre de Howard Lyman.

“Si ce conservateur du Montana, héritier de deux générations d’éleveurs et éleveur lui-même, pense que les végétaux sont la clé d’une nourriture saine, je dois peut-être passer au niveau supérieur.”

L’idée du végétalisme fait son bonhomme de chemin. Il a du mal à renoncer aux plaisirs procurés par les oeufs, les produits laitiers et tous les plats à base de ces ingrédients. Mais c’est à ce moment qu’il découvre de nombreuses recettes végétaliennes qui comblent ses sens et son plaisir de manger. Il devient alors un ultra marathonien végétalien.

Personne surprise. Faut-il manger végétalien pour courir ?

Quoi, t’es en train de dire qu’il faut manger végétalien pour courir ?

Absolument pas !

Je suis, par contre, convaincue que beaucoup de sportifs ont tout à gagner en réduisant massivement les produits industriels et raffinés et en augmentant la consommation de végétaux. Copier ce qui marche pour quelqu’un n’est pas la bonne solution. Ce qui compte c’est de s’inspirer de ce qui marche pour les autres et de l’adapter pour nous !

Le succès de son alimentation ne se limite pas à l’abondance des végétaux ! Continuez la lecture pour découvrir l’autre pilier essentiel !

Pilier n°3 : tester encore et encore pour trouver quoi manger pour courir plus vite et plus loin

Voici une expérience que j’ai adoré lire et qui illustre à merveille l’intérêt de tester son alimentation.

“Mon corps est devenu un laboratoire. […] Un jour pas très bien ajusté, j’ai décidé d’emporter une petite gourde d’huile pour une sortie de 35 miles. Je me disais que mon organisme avait besoin d’énergie et que les lipides sont les aliments qui en fournissent le plus. Après quelques bonnes lampées, diarrhée, ballonnements et nausées m’ont convaincu de chercher autre chose.”

Et oui, c’est en faisant des erreurs qu’on apprend ! Figurez-vous que même après plusieurs années en tant qu’ultra marathonien, Scott Jurek fait encore des essais et des ajustements sur son alimentation !

Comment manger pour courir

Comment fait-il ?

C’est simple. Il se documente. Teste. Analyse les effets produits sur son corps. Parfois les tentatives sont catastrophiques comme pour la consommation d’huile pendant l’effort. Et parfois les essais sont concluants. Ainsi en étant à l’écoute de son corps, il réussit à personnaliser son alimentation pour s’adapter à ses convictions, son emploi du temps et surtout à sa recherche de performance !

Tous les essais qu’il a réalisé l’ont mené petit à petit à une alimentation végétarienne puis végétalienne. Je pense que cette progressivité fait aussi partie de son succès. Prendre son temps sans changer radicalement du jour au lendemain permet au corps de s’habituer. Si vous avez fait un voyage dans un pays où la culture culinaire est très différente de la notre, vous devez savoir de quoi je parle ! Vous avez peut être souffert de quelques désagréments le temps de vous habituer à ces nouveaux plats.

Et justement, parfois on a de très belles découvertes quand on regarde ce que d’autres sportifs mangent autour de la planète. Et si on leur piquait des recettes ?

Pilier n°4 : apprendre des autres cultures culinaires

Toujours en quête de l’alimentation qui donnera les meilleures performances, il s’intéresse à ce que les athlètes d’autres nationalités consomment.

Ainsi il emprunte une recette de boulettes de riz onigiri à un coureur asiatique. Elles apportent des glucides grâce au riz digeste et tendre. L’algue fournit une palette de minéraux ce qui les rend utiles pendant l’effort. Elles sont faciles à manger et très digestes pour courir.

Il adopte également des saveurs provenant d’Amérique du sud avec des recettes à base d’avocat ou encore le fameux Pinole des Tarahumaras. Si vous ne connaissez pas ce peuple, allez vite lire mon résumé du livre Born to run (ce best seller sur la course à pied m’a transcendé).

Dans le chia fresca, autre produit consommé par les Tarahumaras, les graines de chia ne donnent pas un aspect très engageant mais pourtant la recette est délicieuse ! Je partage la recette sur le blog.

Il intègre aussi des recettes aux saveurs de l’Asie avec du miso, de la sauce soja, du tempeh. Il partage une recette de sauce au curry rouge et aux amandes qui est à tomber par terre !

Manger pour courir : conclusion

Alors voilà, c’est une toute petite partie de ce que vous trouverez dans “Eat & run”. J’aurai pu axer mon article sur la colossale force mentale de cet homme qui lui permet d’avancer encore même avec une cheville en vrac, même quand il fait 49°C. J’aurai pu axer mon article en vous parlant des nombreuses recettes qu’il partage dans “Eat & run. D’ailleurs, avez-vous vu la recette de boisson pré effort “force verte” inspirée de ce livre ? J’aurai aussi pu axer mon article sur les conseils techniques qu’il partage tout au long de son récit.

Bref, j’espère vous avoir montré que ce livre est d’une très grande richesse. Alors si vous aimez en plus les récits de course et les histoires de champion, foncez !

Rappelez-vous que ce qui compte c’est de trouver l’alimentation qui VOUS convient. Celle qui vous permet d’être en bonne santé, celle qui vous permet d’être performant et surtout celle qui vous donne du plaisir. Alors vous commencez quand à faire vos propres tests ?

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Pour consulter les avis d’autres lecteurs, cliquez ici.

A très vite les athlètes ! Sportez-vous bien 😉

Photos par 3dman_eu, Public Domain Pictures, Bijutoha, Geralt, Skeeze, Truthseeker08, OpenClipart-Vector

Musique par httpswww.soundcloud.comikson

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